Ce 15 novembre 2000
Madame, Monsieur,
Le 15 novembre 1976, jétais élu à Sherbrooke avec l'équipe de René Lévesque pour siéger à Québec. J'avais alors 31 ans, récemment marié et une jeune famille. J'ai bien servi la population de mon comté, et de ma région, assurant constamment le lien avec les organismes intermédiaires, travaillant vigoureusement, avec les directions régionales des ministères, et aussi dans le meilleur esprit de coopération avec mon vis-à-vis mon député libéral à la chambre des communes. J'ai derrière moi une expérience bien précieuse.
Je crois en l'Alliance canadienne. Je suis fier d'en être le porte-parole et candidat dans le comté de Rimouski-Neigette-et-La Mitis. C'est un parti qui offre une vraie alternative pour débloquer la situation d'enlisement, de stagnation, de blocage institutionnel dans laquelle nous maintient l'extrême polarisation entre deux visions: ni les vues de Jean Chrétien, ni celles de leader bloquiste, Gilles Duceppe, n'offrent de solutions satisfaisantes pour notre région.
Aîné d'une famille de 7 enfants, j'ai vécu douloureusement, à 12 ans, l'exil de mon pays natal, quand mon père a dû quitter une terre de colonisation improductive pour sinstaller dans les cantons de l'Est ou un emploi de travailleur dans le textile l'attendait. Je suis très sensible à cette situation d'exode que doivent vivre des milliers de jeunes et de travaillants, pour gagner leur vie dans des zones plus prospères. Je suis prêt à travailler darrache pied pour assurer des conditions de prospérité dans le comté de Rimouski-Neigette-et-La Mitis. Je suis attaché à cette région, comme un arbre est attaché à ses racines.
En 1983, le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement a siégé à Rimouski pour examiner les conditions au développement de la région dans l'exploitation de la forêt privée et de la forêt publique, en rapport avec les méfaits de la tordeuse des bourgeons d'épinettes. Responsable du volet communautaire dans ce dossier, j'avais lu et consulté de nombreux intervenants du milieu sur le développement intégré des ressources...
Ce développement, j'y crois. Je crois que la première des priorités, c'est d'assurer la promotion de l'emploi, de permettre le développement de petites industries en nombre pour assurer le maintien des gens sur le territoire, stopper l'exode des jeunes, ... Le dépeuplement qui sévit dans les régions du Bas St-Laurent et de la Gaspésie est un véritable drame collectif (1). Je suis prêt à me battre tant vis-à-vis Ottawa que vis-à-vis Québec, s'il le faut, pour assurer le développement de l'emploi en région et la mise en place des infrastructures requises.
((1) Dans la Presse du 22 février 1997, Le démographe George Matthews s'inquiète de la désertification de l'Est du Québec. "On y indique que sur une période de 25 ans (1991-2016) l'Est du Québec perdra encore 14% de sa population. Déjà, le comté de Rimouski-Neigette-et-La Mitis a perdu 1300 électeurs depuis l'élection de 1997; le comté de Matane-Matapédia en a perdu 2600...)
Il faut sortir la région de l'opposition, lui donner accès au pouvoir, aux leviers décisionnels au sein de l'appareil politique et administratif canadien.
Certains voudraient maintenir la position d'opposition de la région vis-à-vis le gouvernement central, en espérant créer ainsi les conditions tant recherchées pour faire la souveraineté... Certains ont le dessein à peine dissimulé davancer le projet de souveraineté par la réélection du Bloc, en tirant profit, en profitant du pouvoir arrogant qu'exerce le gouvernement Chrétien. L'élection du Bloc québécois pour une autre durée, pour un troisième terme d'une opposition qui devrait être provisoire, aurait ainsi l'effet d'un quasi-référendum sur la souveraineté. Des aventuriers rêvent même qu'ainsi seraient enfin réunies "les conditions gagnantes".
Cette élection a été commandée, nous le savons tous, dans l'intention express de prendre de court un nouveau parti en plein expansion, l'Alliance canadienne. Quelques mois de plus et le parti au pouvoir avait des raisons de craindre une forte présence de l'Alliance d'un bout à l'autre du pays, avec une organisation bien en place.
A cet égard, il faudrait un jour affranchir notre processus électoral de l'arbitraire de cette sorte de manipulation qui ne fait guère honneur la démocratie et au fair play entre les partis, l'Alliance canadienne comme le parti conservateur se trouvant au début d'un processus d'organisations qui aurait pris un peu plus de temps. Cette élection est une opération qui risque de miner à la démocratie et de renforcer la démobilisation et le désabusement des citoyens écúurés de voir comment les chose se passent.
Les deux partis qui polarisent un antagonisme de plus en plus stérile tentent de profiter au maximum de la situation, l'un pour donner une leÁon au Québec nationaliste (en tentant de supplanter le Bloc); l'autre parti, le Bloc québécois profite de cette situation. Plusieurs y voient une occasion en or pour mousser lindépendance. Un vote pour le Bloc québécois est un vote pour la souveraineté aurait dit avec l'exubérance qu'on lui connaît, Jacques Parizeau.
On jalousait la montée de popularité dans l'électorat de l'Alliance canadienne et de son chef, Stockwell Day. On a tenté de courcircuiter cet élan en déclenchant des élections h,tives.
Les électeurs se sentent humiliées. Ils ont la possibilité de réagir et de refuser le faux choix qui leur est proposé entre Libéraux et Bloquistes en votant L'ALLIANCE CANADIENNE. Une force crédible. La seule véritable alternative dans cette campagne, celle qui offre une ouverture réelle face à aux impasses actuelles, en permettant au Québec lexercice de certains pouvoirs qu'il réclame depuis toujours.
Le 27 novembre 2000, je sollicite votre vote, votre participation, au nom de l'Alliance canadienne. Je saurai faire honneur à la confiance que vous m'accordez.
Merci!
Gérard Gosselin
Candidat pour l'Alliance canadienne
dans Rimouski-Neigette-et-la-Mitis